Interview d’Olivier Duriez, au micro de Yann Guais de la Radio RCF : l’impact de l’éolien sur les oiseaux

Interview d’Olivier Duriez, au micro de Yann Guais de la Radio RCF : l’impact de l’éolien sur les oiseaux

Le 12 février 2018, Olivier Duriez, Maître de conférence en écologie et ornithologie à l’Université de Montpellier, présente les causes de la baisse des populations des oiseaux en France au micro de la radio RCF. Il y présente les parcs éoliens comme l’une de ces causes, à ne pas négliger. Vous pouvez retrouver l’intégral de l’interview ICI .

A 13 minutes, il est rappelé qu’en août 2017, un aigle royal a été tué par une pale d’éolienne sur le plateau de l’Escandorgue, à Joncels, dans l’Hérault. Au-delà de la mortalité directe par collision, vu la vitesse de rotation des pales, difficilement évitables pour les rapaces, l’implantation d’éoliennes dans leur territoire de chasse les pousse à les éviter, ce qui entraîne une perte d’habitat pour ces espèces. Si on cumule les parcs en France, il n’y aura en conséquence plus de nouveaux territoires pour les rapaces. D’autre part, les éoliennes font souvent défaut aux grands oiseaux car ils utilisent eux aussi le vent, pour planer. Il y a donc un conflit d’usage.

De plus, la phase de construction n’implique peut-être pas plus de dérangements que la construction d’une route, mais c’est la phase post-construction qui impacte le plus les oiseaux : mortalité immédiate avec les machines et, plus indirectement, perte de territoires de vie, de chasse, de reproduction… Et ces impacts augmentent au vu de l’accumulation du nombre d’éoliennes en France.

Il ne faut pas oublier les chauves-souris, qui sont aussi tuées directement par collision ou par barotraumatisme (implosion des poumons due à la dépression). Paradoxalement, elles sont attirées par les éoliennes, d’abord parce que celles-ci sont porteuses de lumière, mais aussi parce que le déboisement pour de nouvelles pistes autour des machines ouvre les milieux,qui deviennent de nouveaux territoires de chasse pour diverses espèces.

A 20 minutes 35, Olivier Duriez souligne qu’il y a une forte incohérence entre le développement des énergies renouvelables et la protection de la biodiversité. En effet, notre Ministère de l’écologie enclenche des Plans Nationaux d’Action pour sauvegarder des espèces et, de l’autre côté, il valide de nouveaux projets qui les détruisent. Trouver un équilibre entre ces deux problématiques environnementales devient alors essentiel.